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Constater l’effritement

Convoitées, surexploitées et exposées à la spéculation immobilière, les terres agricoles, socle de notre alimentation et de nos paysages, se font de plus en plus rares dans l’Hexagone. Les modèles agricoles intensifs et l’usage de produits phytosanitaires remplacent une agriculture paysanne de qualité avec pour conséquences des paysages, des sols et des ressources naturelles qui se dégradent au fil des jours. Plus grave, un petit nombre d’exploitations continuent de s’agrandir en accaparant la ressource foncière, au détriment de jeunes agriculteurs qui se découragent face aux difficultés d’installation. Ce contexte ne permet plus la transmission intergénérationnelle, grippe les dynamiques agricoles en milieu rural et péri-urbain, et contribue au dépeuplement des campagnes.

Le constat et le problème de l’accès aux terres

Sous les effets combinés d’une politique agricole qui favorise l’agrandissement des fermes et l’intensification des productions, et d’un modèle d’habitat individuel trop consommateur d’espaces agricoles, la terre subit trois phénomènes dont l’ampleur est inédite dans l’histoire :

  • La terre disparaît littéralement sous nos yeux. 60 000 hectares sont bitumés ou bétonnés tous les ans en France. Ces terres fertiles sont artificialisées de manière irréversible : construction de routes, de centres commerciaux, d’ensembles immobiliers, de parcs de loisirs, etc. À ce rythme, l’équivalent d’une surface comme Paris disparaît tous les deux mois, un département tous les 7 ans. Les anciens construisaient leurs villages sur les coteaux, au plus près des plaines fertiles. Aujourd’hui, les zones pavillonnaires et commerciales grignotent les anciens greniers à blé, les meilleures prairies de fauche, les zones historiques de maraîchage.
  • Le nombre de paysans diminue rapidement. Chaque semaine en France, 200 sièges d’exploitation disparaissent, le plus souvent au profit des fermes voisines qui s’agrandissent pour optimiser les primes de la PAC et un matériel agricole toujours plus imposant. La terre se concentre ainsi aux mains de quelques-uns, et au détriment de la plupart. Cet accaparement des terres bénéficie souvent à de grandes exploitations agricoles ayant fait le choix de cultures intensives et peu tournées vers les besoins alimentaires locaux.
  • La spéculation foncière gagne du terrain. Le prix de la terre s’est progressivement déconnecté de sa valeur productive, de ce que l’on peut espérer en gagner en l’utilisant. La terre passe d’un statut de capital productif à celui d’un placement financier spéculatif. Des terres de moins en moins disponibles et des prix en constante augmentation rendent particulièrement difficile l’installation des jeunes agriculteurs.

Ni la force publique ni le tissu associatif et citoyen n’ont réussi à enrayer ce processus. De leur côté, les acteurs privés, agriculteurs, professions agricoles, notaires, agents immobiliers... ont laissé le marché s’emparer du secteur foncier, confortant la sélection des grandes exploitations intensives et alimentant la spirale spéculative. L’absence de régulation économique et la faible efficacité des régulations politiques ou règlementaires mènent tout droit à la marchandisation de la terre.

Quels choix pour notre agriculture ?

Pour une viabilité à long terme de nos terres agricoles et des modes de cultures plus respectueux de la nature et de la santé publique, Terre de Liens soutient une agriculture biologique, biodynamique et paysanne.

Les terres, ainsi que d’autres ressources naturelles (notamment les eaux superficielles et souterraines) subissent de graves dommages liés à certains modèles agricoles intensifs et à l’usage incontrôlé de produits phytosanitaires. Le peu d’attention portée aux enjeux de la biodiversité engendre un appauvrissement des sols et des écosystèmes, la monotonie des paysages et une perte de qualité des productions agricoles. La France, un des premiers pays agricoles au niveau européen, se place paradoxalement au 19ème rang de l’UE en matière de surface consacrée à l’agriculture biologique !

Quel avenir pour les territoires ruraux ?

La disparition de l’agriculture paysanne cache aussi d’autres réalités : des campagnes qui se vident, des activités économiques en chute libre et des agriculteurs qui ne parviennent plus à transmettre leurs fermes et leurs savoirs. L’action de Terre de Liens entend soutenir une agriculture ancrée localement, réduire notre empreinte écologique, favoriser la création d’activités économiques en milieu rural, tisser des liens sur le territoire et redonner vie à des entités agricoles à taille humaine.

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