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Lauréats de l’appel à projets « Agir pour préserver le foncier agricole et la biodiversité en agriculture » en 2020

vendredi 2 avril 2021

Succès du premier appel à projets commun de la fondation Terre de Liens et de la fondation Léa Nature / Jardin BiO « Agir pour préserver le foncier agricole et la biodiversité en agriculture ».

Onze projets parmi la centaine reçue ont été sélectionnés par un jury composé de 8 bénévoles de Terre de Liens et un expert externe pour un financement total de 100 000 euros. Au-delà du soutien financier, qui va de 5 000 à 20 000€ selon les projets, l’initiative cherche à encourager la complémentarité entre des dynamiques citoyennes et associatives complémentaires pour préserver le foncier agricole et la biodiversité sur les territoires.

Les projets lauréats

Agriculture et gestion de la ressource en eau

Initiative pour la régénération de la vie des sols et des paysages de l’île d’Yeu, en Vendée – Pays de la Loire
Depuis des siècles, les ressources en eau de l’île dépendaient exclusivement des eaux pluviales et sa gestion a été une priorité des habitants jusqu’à la construction en 1961 d’une canalisation pour l’alimentation en eau potable de l’île. Ce confort encouragea l’essor du tourisme, la spéculation foncière et la déprise agricole, menant à l’abandon des systèmes de drainage. Le projet « Au f’île de l’eau » est une démarche participative entre associations, agriculteurs, résidents et scientifiques, soutenue par la Mairie pour faire face aux enjeux climatiques et insulaires. L’action vise à éviter l’usage de l’eau potable aux agriculteurs et à pérenniser la biodiversité des sols et des paysages, par la réhabilitation du maillage hydrologique historique et le retour à un usage alterné des systèmes de drainage, stockage et irrigation grâce aux mares, fossés et ruisseaux connectés à des bassins de stockage et de rétention. S’attachant à l’acquisition de connaissances et de savoirs locaux sur les fonctions biologiques des milieux aquatiques apparus grâce aux traditions de drainage, l’initiative souligne l’importance de leur prise en compte dans le Plan d’Aménagement du Développement Durable (PADD) et lors de la révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU).

➔ Financement de 20 000 € du projet « Au f’île de l’eau » - En savoir plus

Protection du foncier agricole et renouvellement des générations

Favoriser l’installation en bio avec « Bio Boost » en Martinique

Face aux problématiques d’accès au foncier agricole en Martinique, l’association Cols verts Martinique déploie le projet « Bio Boost ». Avec le soutien du GRAB et de la SAFER, l’association projette d’acquérir 2 hectares de terres agricoles non polluées en vue de créer le premier Espace Test Agricole (ETA) certifié AB de l’île. Une fois les premiers porteurs de projet formés à l’agriculture bio identifiés, l’ETA se fera fort de les accompagner pendant deux ans en vue de leur installation ou conversion à la bio. Pour défendre un modèle d’agriculture durable, le projet prévoit aussi la réalisation d’un diagnostic biodiversité afin d’assurer la préservation tant de la nature que de l’humain. Pour autofinancer de manière pérenne le fonctionnement de l’ETA, un dispositif de commercialisation des denrées produites sera déployé via le circuit court développé par la marque « Ta Nou Bio ». L’initiative s’insère enfin dans le Projet Alimentaire Territorial (PAT) de la ville du Prêcheur en partenariat avec la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), la Direction de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Forêtet l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME).
➔ Financement de 15 000 € du projet « Bio Boost » - En savoir plus

Préservation du territoire bocager du Berry à Châteauroux – Région Centre-Val de Loire
« La Justice » est un site bocager de 60 hectares exceptionnellement préservé et ayant traversé le dernier siècle sans avoir subi l’impact de l’évolution des pratiques agricoles, à l’œuvre actuellement dans le Boischaut Sud du Berry. Ce site abrite une biodiversité importante et constitue une entité paysagère unique. Dans un contexte de déprise agricole, d’évolution des pratiques agricoles évoluant de l’élevage extensif vers la production céréalière intensive. L’acquisition de la propriété par Indre Nature sera l’occasion d’installer un jeune paysan via un bail de location et une convention de gestion. Le développement d’une activitéa gricole basée sur l’élevage extensif ovin de race rustique et la production de fourrage contribuera à maintenir et entretenir ce maillage bocager et les prairies associées dans un état de conservation favorable à l’identité paysagère du territoire et à la biodiversité caractéristique du bocage, dans la perspective de la création d’un Parc Naturel Régional du Boischaut Sud. La réalisation d’un état initial de la biodiversité, d’un suivi annuel des espèces patrimoniales, d’un plan de gestion ainsi que l’organisation d’actions de sensibilisation et d’animations naturalistes sont également au programme de ce projet.

➔ Financement de 10 000 € du projet « Un patrimoine d’exception à préserver » - En savoir plus

Préservation des milieux ouverts et protection de la biodiversité

Préserver un patrimoine d’exception par le maintien d’un pastoralisme écoresponsable sur le plateau des Millevaches – Région Nouvelle Aquitaine

Les espaces de pâturages ouverts « sauvages » non cultivés et non fauchés (80 %) et les terrains de fauche et de culture bio (20 %) de la montagne limousine forment à la fois l’habitat de la majorité des oiseaux et insectes menacésmais aussi un parcours de pâturage d’exception pour les brebis limousines et les vaches Highlands sur un terroir peu propice à la culture car naturellement acides et peu fertile. Depuis 2012, pour anticiper le défi du départ des agriculteurs d’ici dix ans,éviter l’agrandissement des exploitations ou le développement de la sylviculture industrielle, l’association CEPE accompagne des projets d’installation et d’expérimentation de pratiques agricoles respectueuses de la biodiversité en louant des terrains par des baux précaires. Le projet consiste à pérenniser la démarche par l’acquisition et l’aménagement de 50 hectares de milieux naturels fragiles d’un seul tenant, dans l’objectif de lesrestaurer par le pastoralisme. Sont également prévus la mesure de l’impact des pratiques de pâturage sur la biodiversité, l’installation de dispositifs de protection des cours d’eau, la réalisation d’inventaires floristiques et faunistiques et la formation d’agriculteurs et de jeunes en insertion en cours d’installation ou déjà installés.

➔ Financement de 10 000 € du projet « Un nouveau pastoralisme pour l’agriculture de demain »

Sécurisation du foncier agricole en Réserve Naturelle - Région Centre Val de Loire

Ce projet de maîtrise foncière consiste en un appui à l’acquisition 44 hectares de terres au cœur de la Réserve Naturelle du Val de Loire (RNVL), qu’accepte de céder un propriétaire entreprise après plusieurs années de négociations pilotées par le CEN. La SAFER Centre s’investit dans le portage transitoire du foncier et les évaluations du prix des terres dans le cadre des négociations avec le vendeur. L’acquisition évite un changement de propriétaire dont le projet n’irait pas dans le sens du maintien de l’activité agro-pastorale souhaité par les gestionnaires de la réserve, préserve le site de l’intensification des pratiques ainsi que d’un embroussaillement qui serait favorable à la chasse du sanglier. Elle favorise l’expression d’une plus grande diversité floristique par la préservation des milieux ouvertset permet le maintien des annexes hydrauliques du site. Pour finir, cette sécurisation soutiendra la dynamique de transmission à des jeunes portée par l’association Past’Horizons et le collectif « Les Champs des possibles » dont l’objectif est de porter des Espaces Tests Agricoles pour accompagner de nouveaux actifs agricoles dans leur installation.

➔ Financement de 8 500 € du projet « Les Butteaux, au cœur du projet agro-pastoral de la Réserve Naturelle du Val de Loire » - En savoir plus

Réorientation du foncier municipal vers la préservation collective citoyenne de la biodiversité et l’agriculture nourricière à Montmorillon – Région Nouvelle-Aquitaine
La nouvelle équipe municipale de lacommune de Montmorillon est propriétaire de 3 ensembles de parcelles de 1,5 hectares dont elle souhaite modifier la destination actuelle ou pressentie avec l’appui du Centre d’initiative pour valoriser l’agriculture et le milieu rural (CIVAM) et la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO). L’accompagnement demandé vise l’émergence et la mise en œuvre d’une gestion collective effective de ces terres vers la production légumière, la préservation de la biodiversitéet l’utilisation solidaire et sociale. Des diagnostics de terrains seront réalisés pour identifier le type de productions envisageables, les besoins en infrastructures (eau, bâtiments, etc.), la destination des produits et les modalités de mise à disposition des terres (location, gratuité). Côté biodiversité : état des lieux initial, préconisations pour un plan de gestion sur la base des atouts et contraintes. Le résultat final prendra la forme d’une cartographie générale des parcelles sur laquelle apparaîtront les éléments paysager remarquables et les actions à mettre en place pour préserver la faune et la flore. Différents scénarios seront proposés à la municipalité en vue de la construction d’un plan d’action et de sa mise en œuvre collective, sans oublier la mobilisation citoyenne auprès des élèves ou à l’occasion de chantiers participatifs.

➔ Financement de 7 000 € pour le projet « Accompagner la ville de Montmorillon dans la gestion de son foncier : réhabiliter des zones de production favorables à la biodiversité » - En savoir plus

Focus « Obligation Réelle Environnementale »
Installation d’infrastructures agro écologiques dans la Combe d’Ain - Région Bourgogne Franche Comté
Instaurée par la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages ; l’Obligation Réelle Environnementale (ORE) permet à un propriétaire foncier de souscrire devant notaire un contrat l’engageant à prendre sur son bien toute mesure ayant pour finalité le maintien, la conservation, la gestion ou la restauration d’éléments de la biodiversité ou de fonctions écologiques. Cette obligation est attachée au bien et demeure pendant la durée du contrat, même en cas de cession ou de changement d’exploitant.
Dans le cadre de son partenariat avec le Conservatoire d’Espaces Naturels de Franche-Comté, un agriculteur et d’autres acteurs locaux, Jura Nature Environnement (JNA) va accompagner un projet de transmission d’exploitation qui va donner lieu à la signature d’une ORE, en parallèle de la création de 16 mares, de l’intensification des pratiques agro-écologiques du fermier sur son exploitation de la Combe d’Ain ainsi que d’une action de sensibilisation des collectivités et des citoyens.
➔ Financement de 7 500 € pour le projet « Des mares pour la biodiversité des espaces agricoles de la Combe d’Ain » - En savoir plus

Biodiversité
Favoriser les semences paysannes pour une biodiversité cultivée en Gard et Cévennes – Région Occitanie
Le projet vise le redéploiement des semences paysannes comme clef indispensable et essentielle d’une agriculture paysanne respectueuse des terres et de la biodiversité, s’intégrant dans les écosystèmes naturels locaux. En effet, la biodiversité cultivée est intimement liée au sol par son système racinaire et la multitude d’échanges avec les micro organismes et les êtres vivants du sol. L’action qui s’adresse à 80 maraîchers et jardiniers prévoit l’échange et l’acquisition de savoirs-faire respectueux des milieux et des variétés, la préservation de 14 variétés potagères locales des Cévennes et du Gard, la collecte de nouvelles variétés locales qui n’ont pas encore disparu et la création de 2 nouvelles variétés issues de semences paysannes locales. Une manière concrète pour la Maison des Semences Paysannes Gard Cévennes de renforcer les fermes à économie solidaire et de promouvoir l’autonomie alimentaire du territoire.

➔ Financement de 2 000 € pour le projet « Collecte, préservation et création de biodiversité cultivée potagères »

Promouvoir la biodiversité en zone maraîchère par la diversification des abeilles en Lorraine
Saviez-vous que ¾ des abeilles sont terricoles et que l’abeille mellifère ne concerne qu’une seule espèce sur le millier identifié en France ? Ou que l’excès de ruches peut entraîner la raréfaction des bourdons sauvages utiles à la pollinisation des tomates, à laquelle il est possible de pallier par l’achat de bourdons industriels mais sans en connaître l’impact potentiel pour le bourdon sauvage ? Afin de favoriser l’engagement des agriculteurs pour la biodiversité et de stimuler de nouvelles formes de cohabitation avec le vivant, l’association Apicool d’éducation à l’environnement et le collectif abeilles de Lorraine proposent d’accompagner plusieurs maraîchers bio volontaires sur la biodiversité fonctionnelle indispensable à la production nourricière. Au programme : apprentissage des interactions entres insectes et plantes, réalisation d’aménagements de base sur les zones de productions avec guide à l’appui (nichoirs à abeilles caulicoles et rubicoles, butte de terre pour les abeilles terricoles, plantation de petits fruitiers, création de zone maigre, etc.), et action de sensibilisation des consommateurs et du public. Un projet visant à sortir du paradigme « abeille = ruche= biodiversité, qui est un leurre si pas un mensonge ».

➔ Financement 5 000€ pour le projet « Zones VIP en maraîchage Bio » - En savoir plus

Faire revenir la biodiversité sur les exploitations agricoles du bassin de Thau, Herault – Région Occitanie
Le réseau du Centre Permanent d’Initiative Environnement (CPIE) du Bassin de Thaudont la LPO Hérault est membre actif engage la déclinaison et la mise en route du programme National « Des terres et des ailes » de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) sur le territoire de Thau. L’ambition est de proposer à chacun d’agir concrètementsur sa ferme, à son échelle, à sa convenance, et dans un élan collectif pour offrir aux espèces qui ont déserté les campagnes, la possibilité de revenir s’installer et à celles qui sont encore présentes, de pouvoir y rester. Avec le réseau des agriculteurs engagés dans la démarche de circuit court alimentaire des « Paniers de Thau » soit 5 communes, 36 citoyens bénévoles, 60 producteurs impliqués, 4500 consommateurs, le CPIE entend procéder à la réalisation de diagnostics écologiques ciblés surles infrastructures agro-écologiques avant d’accompagner les agriculteurs volontaires dans la mise en place de changements de pratiques culturales favorables à la biodiversité, en adéquation avec les enjeux environnementaux de l’exploitation. L’installation de matériel sera l’occasion de chantiers participatifs mobilisant le grand public désireux de mieux connaître le travail des agriculteurs en matière de préservation de la biodiversité fonctionnelle.

➔ Financement 5 000 € pour le projet « Faire revenir la biodiversité sur les exploitations agricoles » - En savoir plus

Un projet pilote pour démontrer l’efficacité de la chauve -souris comme auxiliaire biologique de culture au sein des domaines de production viticole, Camargue - Gard
Tout comme les oiseaux et les insectes, les chiroptères connaissent un fort déclin en France métropolitaine. En cause : la dégradation et disparition des milieux naturels, effondrements des populations d’invertébrés qu’ils consomment, impact des pesticides, raréfaction des gîtes due aux rénovations hermétiques des bâtiments ou encore fragmentation des écosystèmes liée au développement des infrastructures, routières notamment. Pourtant les chauves-souris jouent un rôle important dans la régulation des ravageurs des cultures par prédation et offrent des pistes de luttes biologiques contre les larves de « vers de la grappe » et les « tordeuses » ainsi qu’une alternative à l’achat et à l’utilisation d’insecticides chimiques. Depuis 2016, le domaine du Petit Saint Jean privilégie l’implantation de systèmes de production intégrant et favorisant la biodiversité. Si les premières études ont montré la présence sur le site d’une
importante diversité de chauves-souris, elles ont aussi mis en évidence un manque flagrant de gîtes propices à la reproduction et à la mise à bas. Le projet permettra l’installation de gîtes dans les bâtiments et dans les cultures. Puis, la collecte de déjections des chauves-souris fera l’objet d’une analyse par ADN environnemental visant à révéler les espèces d’insectes consommés et de démontrer localement le rôle du chiroptère en tant qu’auxiliaire auprès de quatre domaines volontaires pour dupliquer l’initiative.

➔ Financement 10 000 € pour le projet « Les chauves-souris, véritables auxiliaires du vigneron » - En savoir plus

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