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Protéger la biodiversité

Publié le 24 novembre 2022 , mis à jour le 28 novembre 2022

La biodiversité, que l'on croyait commune, connait une érosion sans précédant. En moins d'un demi siècle, la taille moyenne des populations de vertébrés sauvages dans le monde a décliné de 69% : mammifères, oiseaux, reptiles... (Source : WWF). Et dans nos champs, c'est le même constat : en France, près de 40% des oiseaux des zones agricoles ont disparu en 30 ans et les populations d'insectes s'effondrent.

L’agriculture joue un rôle crucial dans la préservation de la biodiversité

L'agriculture est un secteur ayant un impact majeur sur le déclin de la biodiversité : elle impose une pression sur les ecosystèmes en changeant l'usage des terres, elle peut avoir des impacts négatifs à cause de pratiques néfastes (utilisation des pesticides etc.)

Mais elle peut aussi être une solution ! Via le maintien de milieux semi-naturels, la réalisations de "corridors biologiques" ou encore la préservation des ressources génétiques végétales et animales. Le maintien d’infrastructures agroécologiques non cultivées (haies, mares, bandes enherbées et fleuries, murets en pierre sèche… ) dans une exploitation permet de conserver de nombreuses espèces (pollinisateurs, microfaune et microflore du sol) et de contribuer à maintenir un équilibre entre ravageurs des cultures et auxiliaires. Ces milieux semi-naturels contribuent aussi à la préservation de la qualité de l’eau et à la protection du sol. Ils jouent un rôle majeur dans la diversité des paysages.

Zone refuge de biodiversité - Ferme de Persac

Les fermes ne sont donc pas le problème, mais une partie de la solution. Finie la vision qui opposait les zones de production et les zones à vocation naturelle. Non seulement chaque parcelle agricole dispose d'un certain intérêt pour la biodiversité, mais les secteurs dits "non productifs" ne sont pas sans intérêt agronomique, puisqu’elles sont des zones refuges pour les auxiliaires de l’agriculture.

A cet enjeu de préservation de la biodiversité, s’ajoute l’enjeu d’adapter nos modes de production au changement climatique. A cet effet, selon l’IPBES (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services), plus les fermes intégreront la biodiversité, plus elles seront résilientes face aux effets du changement climatique.

Terre de Liens s’engage pour une agriculture paysanne, agroécologique et vivante

Les fermes acquises par Terre de Liens sont mises en location à des agriculteurs et agricultrices aux pratiques respectueuses de la nature et des ressources naturelles, via la signature d'un bail rural environnemental.

Ce contrat a été conçu pour s’assurer que les fermiers adoptent des pratiques répondant au cahier des charges de l’agriculture biologique et soient respectueuses de l’environnement. Ainsi aucune ferme Terre de Liens n’a recours à l’utilisation de pesticides ou d’herbicides, identifiés comme responsables du déclin majeur de la biodiversité et mettant en péril les écosystèmes. De même, par ce contrat, les fermiers s’engagent à maintenir les espaces semi-naturels comme les prairies, les mares ou les haies, qui sont de véritables refuges pour la biodiversité. Dans les fermes Terre de Liens, 51 % de la surface sont réservés à ces infrastructures agroécologiques, contre 37 % dans les fermes conventionnelles.

En ce qui concerne les pratiques culturales, la plupart des fermes de Terre de Liens sont très diversifiées. Elles associent souvent polyculture et élevage, ce qui présente des avantages, comme plus de diversité dans les cultures et les fourrages et une plus grande autonomie alimentaire des animaux.

Foin en train de sécher au soleil © Francois DIVAY

L’impact positif du modèle Terre de Liens sur les fermes a même été étudié par le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) en utilisant des diagnostics agro-environnementaux (DIALECTE) réalisé sur 27 fermes Terre de Liens. La note thématique « biodiversité » obtenue s’élève à 51 sur 100 contre 35 sur 100 pour les fermes traditionnelles. La part importante d’infrastructures agroécologiques dans les exploitations et l’absence d’utilisation de produits phytosanitaires contribuent très favorablement à ce score. Voir le rapport ici.

Par ailleurs, pour suivre l’impact plus précisément au niveau des sols, Terre de Liens a créé le diagnostic Humus, qui permet de suivre des indicateurs comme la faune épigée (qui vit à la surface du sol), endogée (qui vit à l’intérieur du sol), ou l’état des racines.

Un programme pour accompagner les fermiers et fermières Terre de Liens

Pour aller plus loin, et constatant la volonté et l’engagement des fermiers Terre de Liens, la Fondation Terre de Liens a décidé en 2021 de créer un Programme Biodiversité pour accompagner les fermiers à mieux prendre en compte la biodiversité dans les fermes.

Financé par les fondations Léa Nature/Jardin BiO, Natixis et Ginkgo et par le fonds de dotation Domorrow, ce programme a pour objectif :

  • de démultiplier les actions favorables à la biodiversité réalisées dans les fermes Terre de Liens,
  • de sensibiliser et d’impliquer les citoyens par la réalisation des chantiers sur les fermes Terre de Liens,
  • de promouvoir les expériences agricoles exemplaires,
  • de créer des passerelles entre acteurs de la protection de l’environnement et acteurs agricoles, pour promouvoir un autre modèle agricole dans lequel agriculture et nature coexistent.

Chantier Biodiversité sur la Ferme Charpin © Terre de Liens Rhône-Alpes

Ce Programme d’action de 1,1 million d’euros s’échelonne de 2022 à 2025 et nous permettra de financer des diagnostics et des actions concrètes en faveur de la biodiversité dans 80 fermes.

Qu'en disent nos fermiers ?

« Cette nature, on peut la gérer intelligemment sans la mettre sous cloche, sans la détruire non plus en vue d’une production parce qu’il faut nourrir la planète. »

Antoine, fermier Terre de Liens très engagé pour la biodiversité

encart vidéo

Antoine, éleveur à la ferme de la Giraudière (53).

Pour Sébastien, un autre fermier Terre de Liens, « l’amélioration de la biodiversité est indispensable au vu de mon système : agriculteur bio sans intrant du tout. Le travail avec les auxiliaires de culture a l’avantage de réduire la pression des ravageurs sur la ferme, ce qui est précieux. Les aménagements à réaliser pour les attirer sont simples : des nichoirs et des perchoirs, des haies, des talus… »

Et Jacques de conclure : « Une ferme Terre de Liens est par nature connectée à la nature et respectueuse de son environnement. La production répond au cahier des charges de l’agriculture biologique, mais cela va au-delà. Les fermiers ont envie de préserver le vivant et les ressources naturelles. Un autre modèle agricole est possible, conciliant agroécologie, préservation du vivant et des ressources naturelles et équilibre économique. »

Nos partenaires

Pour nous aider à démultiplier nos actions en faveur de la nature, les fondations Léa Nature/Jardin BiO, Natixis et Ginkgo, ainsi que le fonds de dotation Domorrow nous soutiennent financièrement.

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