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Recensement agricole 2020

Les premiers chiffres confirment la lente et dangereuse progression de l’agriculture française de la ferme...à la firme

jeudi 16 décembre 2021

Perte de 100 000 exploitations à surface à agricole constante, augmentation de la surface par exploitation, stagnation du nombre d’installations, vendredi, la publication attendue des premiers chiffres provisoires du recensement agricole confirmait les tendances inquiétantes qui touchent l’agriculture française depuis plusieurs décennies. Plus inquiétants encore, les mots du Ministre de l’agriculture Julien Denormandie semblaient acter la dévitalisation des campagnes et l’avènement d’une agriculture industrielle comme irrémédiables. Concentration des terres, robotisation, non-renouvellement des générations semble aujourd’hui être le triptyque de l’agriculture française de ces prochaines décennies. Terre de Liens s’alarme de telles conclusions. Alors que le défi générationnel est immense, les solutions pour limiter la concentration excessive des terres et favoriser l’émergence d’une nouvelle génération paysanne existent. Mais elles doivent se traduire en politique volontariste et ambitieuse.

Communiqué de presse 14.12.21

Concentration des terres : une dangereuse progression vers l’agriculture des firmes

C’est l’une des confirmations de ce nouveau recensement. En 20 ans, la surface moyenne des fermes n’a cessé de s’agrandir pour atteindre aujourd’hui 69 hectares en moyenne (+27 hectares par rapport à 2000). Une taille qualifiée « d’humaine » par Julien Denormandie comparé à “nos voisins américains” qui pourtant masque une toute autre réalité que le mythe de la petite ferme familiale. Derrière ces 69 hectares moyens, Terre de Liens estime que la part des moyennes et grandes exploitations (d’une surface moyenne de 115 hectares) est passée de 42 à 46%, concentrant aujourd’hui 76,5 % de la surface agricole utile. Une concentration des terres qui se poursuit donc au profit des grandes exploitations sur le modèle de l’agro-industrie ou se dirigeant vers ce dernier. Dans une logique de vases communicants, la hausse de l’emploi salarié saluée par le Ministre traduit l’agrandissement des exploitations et masque la réalité de l’emploi par exploitation. En 2016, pour 100 hectares de terres, une grande exploitation employait 2,4 salariés tandis qu’une petite exploitation employait 4,6 salariés.

« Nous sommes face au plus grand plan social de l’histoire et notre Ministre se réjouit du maintien à bout de bras de notre agriculture. La réalité de la concentration des terres et de la disparition des fermes est aujourd’hui sous nos yeux mais c’est une responsabilité que personne n’endosse  »
explique Tanguy Martin, responsable de plaidoyer de Terre de Liens.

Renouvellement des générations : des chiffres qui stagnent et qui doivent inquiéter

Moins de fermes, entre les mains de quelques centaines de milliers de chefs d’exploitations....de plus de 60 ans. La caricature est aisée mais elle raconte la réalité du défi générationnel auquel est confronté l’agriculture française aujourd’hui. 1⁄4 des agriculteurs a aujourd’hui plus de 60 ans, une augmentation de 6 points par rapport à 2010. Si le Ministre se félicite d’une stabilité des nouvelles installations autour de 14 000 par an, aujourd’hui 1 agriculteur sur 3 n’est pas remplacé. En cause, la difficulté pour les nouvelles générations d’accéder à la terre. Terre de Liens estime que 2/3 des surfaces libérées partent aujourd’hui à l’agrandissement.

« Plus les fermes sont grandes, moins elles sont transmissibles. Il y a aujourd’hui urgence à limiter la concentration des fermes pour permettre à la nouvelle génération paysanne de s’installer ».

Car les vocations sont là. En 2019, 21 000 personnes ont été accueillies dans les points d’accueil/installation des chambres d’agriculture. Un chiffre proche des 20 000 installations espérées par le Ministre pour “relever le défi générationnel”.

“Aujourd’hui des solutions innovantes pour améliorer la régulation du foncier et mieux partager la terre existent (encouragement des systèmes de portage foncier solidaire, meilleure régulation des coûts du foncier...) mais elles supposent une véritable politique foncière à rebours des inflexions actuelles qui favorisent la concentration des terres et la destruction de l’emploi agricole (robotisation, numérique...)”
conclut Tanguy Martin, responsable de plaidoyer de Terre de Liens.

A propos de Terre de Liens

Terre de Liens est un mouvement citoyen visant à préserver les terres agricoles et à permettre l’installation de paysans en agriculture biologique. Il associe un réseau fédératif présent dans toutes les régions métropolitaines, une Foncière, entreprise de l’économie sociale et solidaire, et une Fondation,
reconnue d’utilité publique. A travers ses collaborations avec de multiples acteurs, Terre de Liens met en œuvre un dialogue territorial et anime le débat public sur la question du foncier agricole.
Depuis 2003, Terre de Liens a acquis 265 fermes et permis de préserver plus de 7000 hectares de terres agricoles dans toute la France métropolitaine, sortis définitivement du marché spéculatif.

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