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Le Val-de-Marne, premier département agricole de la petite couronne de Paris

Publié le 12 mars 2026 , mis à jour le 16 mars 2026

© Département du Val-de-Marne

L'agriculture dans le Val-de-Marne

Malgré une surface agricole modeste (1 186 ha, soit 5 % de sa surface totale), le Val-de-Marne est le premier département agricole de la petite couronne de Paris : près de la moitié des entreprises agricoles bio du territoire de Paris et de la petite couronne se trouvent ici. Avec le soutien du Département, Terre de Liens agit pour protéger ces terres agricoles.

1 – Grandes cultures, maraîchage, horticulture et vigne

L’agriculture est essentiellement localisée aux franges est et sud du département en bordure de la Seine-et-Marne et de l’Essonne : Plateau Briard (Périgny-sur-Yerres, Santeny, Mandres-les-Roses, Marolles-en- Brie, Villecresnes ), Plaine de Montjean (Rungis et Fresnes), Plaine des Bordes (Chennevières-sur-Marne), et parc des Lilas à Vitry-sur-Seine. On compte au total 41 exploitations agricoles dans le Val-de-Marne.

Les céréales, oléagineux et protéagineux couvrent 70 % de la « surface agricole utile » du département, soit plus de 650 ha. Mais on y trouve aussi des cultures de pomme de terre, betterave industrielle, légumes (en tête : laitues, potirons et courges, carottes et haricots verts), plantes ornementales et vigne (13 vignobles).

Des exploitations agricoles classiques sont toujours présentes dans le département (en grandes cultures tout particulièrement dans le sud et l’est) mais on note également des installations agricoles ou horticoles insérées dans des espaces publics (parc des Lilas par exemple) ainsi qu’une présence importante de jardins partagés ou familiaux.

Enfin, deux projets d’agriculture urbaine professionnelle ont récemment vu le jour, dans la future Agro-Cité Gagarine -Truillot d’Ivry-sur-Seine (2 ha au sol et sur les toits) et à Villeneuve-Saint-Georges (construction d’une pépinière de quartier de 1 000 mètres carrés).

Du côté des animaux, la grande majorité des élevages de chevaux de Paris et de la petite couronne est située dans le Val-de-Marne (82 %). En revanche, très peu d’élevage ovin, bovin ou caprin ; le modeste cheptel de Paris et sa petite couronne (147 têtes au total en 2023) étant principalement situé en Seine-Saint-Denis. Deux élevages de volailles sont référencés dans le département (l’un d’eux a été accompagné dans sa reconversion par Abiosol, partenaire de Terre de Liens) et enfin, l’apiculture y est bien présente.

2 – Plateau Briard en tête, plaine de Montjean, plaine des Bordes et parc des Lilas

Le Plateau Briard, au sud-est du département, en constitue la principale zone agricole, essentiellement sur les communes de Santeny et Périgny, où l’on cultive céréales, oléagineux et protéagineux, mais aussi légumes et plantes horticoles. À Mandres-la-Rose, la production de fleurs sous serre – et notamment la rose – s’est développée dans les années 30 mais elle a fortement diminué ensuite. La commune abrite maintenant la pépinière départementale, qui est aussi un centre de conservation de roses, de lilas et d’arbres fruitiers.

Sur la Plaine des Bordes, à Chenevières, parc de loisirs et espaces agricoles cohabitent. Val Bio, structure d’insertion y produit sur 8 hectares des légumes bio et l’Abeille des Bordes, du miel ; l’association Relocalisons cultive 2 hectares en permaculture (légumes, plantes médicinales et arbres fruitiers) ; et les Jardins des Bordes accueille sur 8 hectares des jardins partagés.

La Plaine de Montjean s’étend, pour sa partie val-de-marnaise, sur les communes de Fresnes, où 24 hectares sont dévolus à la production horticole pour la ville de Paris, et Rungis.

À Rungis, on comptabilise environ 60 hectares de terres agricoles, dont une vingtaine d’hectares également cultivées par le centre horticole de la ville de Paris. Une quinzaine d’hectares appartient à différents propriétaires privés, en grande culture ou non cultivée. Enfin, 25 hectares ont été acquis par Île-de-France Nature (IDF Nature), qui intervient pour le compte de la région Île-de-France. En coopération avec la ville de Rungis, IDF Nature a permis l’installation de deux maraîchers en bio et un apiculteur. Un projet viticole est à l’étude.

Au parc des Lilas enfin, agriculture « patrimoniale », commerciale, familiale et activités de loisir cohabitent. On y trouve des vergers de pommiers et poiriers anciens, une roseraie (500 variétés), une plantation de lilas botaniques et horticoles (646 variétés !), mais aussi une ferme florale écologique et une ferme maraîchère inaugurée en octobre 2025, la Ferme du bout de la rue. L’association Agro’File, partenaire de Terre de Liens, y réalise également des essais afin d'améliorer les techniques de culture et de préparation des semences de blés paysans. Ces semences sont proposées aux agriculteurs. Enfin, le parc abrite également des jardins familiaux.

Agriculture dans le Val-de-Marne

Des terres agricoles à protéger

La mobilisation des acteurs publics, des associations et acteurs de la société civile − dont Terre de Liens − est essentielle pour y défendre la place de l’agriculture (biologique !).

Face à l’urbanisation, les espaces agricoles et naturels, pourtant si précieux, sont fragiles et cela reste un combat de les préserver ! Citons le cas du projet de construction de la prison de Noiseau qui suscite de nombreuses oppositions. Au titre de la préservation des terres agricoles du secteur (32 ha), Terre de Liens Île-de-France est associé au contentieux qui a été ouvert devant le TA de Melun pour contester l'arrêté de la préfète du Val-de-Marne qui considère ce projet comme un Projet d’Intérêt Général de l’État. L'association l'ARUCHE de Noiseau est pilote de ce recours auquel sont associés la FNE et l'OIP (observatoire national des prisons) ; par ailleurs, les collectivités ont aussi déposés des recours distincts.

L'agence Île-de-France Nature : un rôle de veille foncière

De son côté, l’agence Ile de France Nature a pour mission de protéger le patrimoine naturel et agricole francilien. L'agence intervenant essentiellement en milieu péri-urbain : elle sensibilise les collectivités et exerce une veille foncière en partenariat avec la SAFER. Elle peut acquérir des terres par voie amiable ou par préemption quand il y a des ventes, qu'elle loue ensuite à des agriculteurs dont les projets coïncident avec les objectifs de l’agence (et l’on peut noter que les candidats sont essentiellement en Bio) ; elle peut également réaliser des investissements pour conforter leur activité (réalisation de clôture, bassin, forage d’irrigation…).

Elle a notamment acquis 99 ha de terrains agricoles[2] dans la vallée du Morbas sur la commune de la Queue en Brie, et dont elle assure la gestion. Un bail rural a été signé avec 3 agriculteurs en décembre 2025 pour cultiver 35 ha.

Le département du Val-de-Marne : un acteur public engagé

Face à la pression urbaine qui s’intensifie, le département du Val-de-Marne souhaite œuvrer pour la protection de ses espaces naturels et de ses terres agricoles.

Cette volonté se traduit par la mise en œuvre d'actions comme la reconnaissance d’Espaces Naturels Sensibles, l’animation d’une Charte forestière de l’Arc Boisé, l’adoption du Plan 50 000 arbres, de la Stratégie Nature en Val-de-Marne, de la Stratégie Climat ou encore de la Stratégie Eau. Ces dispositifs s’articulent avec les démarches de gestion et de préservation portées par les autres acteurs du territoire.

Dans ce contexte, le Département a souhaité renforcer la maitrise du phénomène d’urbanisation de ces espaces avec la mise en place d’un Périmètre de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains (PPAEN). Cet outil permet de sanctuariser les espaces naturels, agricoles et forestiers compris dans un périmètre défini avec les communes et les Établissements Publics Territoriaux (EPT) concernés. Le périmètre a été adopté le 14 octobre 2024, et s’étend sur 16 communes du sud-est du territoire, les parcelles agricoles du Val-de-Marne se situant principalement sur cet espace.

Le périmètre du PPAEN s’associe à un programme d’actions élaboré en étroite collaboration avec les acteurs du territoire (Métropole du Grand Paris, Ile-de-France Nature, EPT GPSEA, EPT GOSB, SAFER, ONF, partenaires tels Terre de Liens, Agrof’Ile…). La règlementation prévoit que ce programme définisse les aménagements favorables à la biodiversité et à la préservation des ressources et les orientations de gestion destinées à favoriser l’exploitation agricole, la gestion forestière, la préservation et la valorisation des espaces naturels et des paysages, et la préservation de la ressource en eau. Ce programme d’actions devrait être adopté en Conseil départemental en avril 2026.

Un partenariat solide et de longue date, avec Terre de Liens et ses partenaires

La première convention entre le département du Val-de-Marne et Terre de Liens Île-de-France a été signée en 2018 pour « développer, accompagner et soutenir l’agriculture val-de-marnaise » ; elle est reconduite depuis, sous la forme d’une convention pluriannuelle de subventionnement.

Plus précisément, les actions suivantes sont ciblées :

  • installation sur le territoire de projets agricoles pérennes ;
  • préservation des ressources comme le sol par la mise en place de pratiques respectueuses de l'environnement ;
  • déploiement d'espaces test agricoles ;
  • accompagnement à la plantation d'arbres ;
  • sensibilisation des citoyens à l'agriculture val-de-marnaise ;
  • accompagnement des projets de transmission de fermes.
  • veille foncière menée par le groupe local Terre de Liens 94, qui participe à la stratégie foncière du territoire.

Ces projets sont conduits par Terre de Liens Île-de-France, et bien sûr en collaboration étroite avec ses partenaires que sont Abiosol, les Champs des possibles, le réseau des AMAP d’ Île-de-France et le GAB Île-de-France !

En 2025, une douzaine de porteurs de projet agricole val-de-marnais ont pu bénéficier d’un accompagnement de la part de Terre de Liens et de ses partenaires ; de nombreux agriculteurs ont été accompagnés dans leurs projets de plantations (arbres, arbustes, haies, etc.). Aussi, une une vingtaine de formations à destination des porteurs de projet agricoles et des agriculteurs ont été organisées; d'autres animations ont permis de sensibiliser le grand public, à l'occasion de la fête des moissons notamment.

[1] Il n’intègre pas la plaine de Montjean

[2] Une partie de ces terrains a été retirée du PPEAN du val de Marne en 2025 suite à un décret ministériel en 2025, sans à ce jour d’information sur la nature du projet de l’Etat en lien avec l’implantation de la prison, son emprise exacte ou son calendrier.

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Participez aux actions du groupe local Val-de-Marne !

En Île-de-France, 10 groupes locaux font vivre Terre de Liens à l'échelle de leur territoire grâce à la mobilisation des bénévoles impliqués. Il constituent un maillon essentiel de notre action : participation aux événements publics et initiatives locales, veille foncière, relation avec les collectivités...en savoir +

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