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Publié le 13 mars 2026 , mis à jour le 11 mai 2026
Parce que nous avons à cœur de mettre en lumière des solutions concrètes et viables, nous avons participé au "Tour de France des fermes engagées" organisé par Terre de Liens en début d'année. L'étape francilienne a été accueillie par la ferme Les jardins de la Marette, en Essonne.
Au programme, les témoignages de paysans et paysannes, d’élus et d'élues engagés pour inspirer l’action municipale. L'après-midi a été rythmée en trois temps : un café d’accueil pour les participant·es, une visite de la ferme , puis un temps de réflexion commune sur l’agriculture dans le sud de l’Essonne.
Damien a investi en 2017 une parcelle d’un hectare appartenant à la commune et se lance dans la production de cresson (typique de la région), l’élevage de poules pondeuses et le maraîchage en bio-conservation. Le bail rural signé avec la mairie facilite son installation dès les premiers jours : cette location permet l'exercice de l’activité agricole sans qu'il ait besoin d'acheter les terres ou les bâtiments. C’est un véritable « filet de sécurité », assure-t-il.
Mais ce rouage a besoin d’être huilé et c’est Terre de Liens qui a su « épauler Damien et la mairie dans leurs démarches, de par son expertise », précise Valentine VIALLEFOND, chargée d'accompagnement des territoires. Terre de Liens apporte ses connaissances sur de nombreux sujets lors de l’installation : rôle du propriétaire, assistance aux acteurs publics, présentation des modèles d’exploitation du foncier, création d’un lien entre la commune et le porteur de projet, etc. L’étiquette d’intermédiaire rassure : ce maillage solide, entre l'agriculteur, l'élu et l’association, permet de concrétiser un projet en le rendant viable durablement.
D’autres témoignages viennent confirmer que le soutien de la commune peut jouer un rôle essentiel : les garanties qu’elle apporte, en termes de foncier ou de réseau de distribution, sécurisent les paysan·nes lors de leur installation. Renan et Océane, tous les deux maraichers en cours d’installation dans une commune voisine, expliquent : « Savoir que la mairie et le réseau des AMAP sont prêts à accueillir les productions est rassurant [...]. On n’aurait pas pu développer ce projet si on n'avait pas eu ce maillage derrière nous. » Le maire, Xavier GUIOMAR, est un exemple en matière de politique agricole et alimentaire ambitieuse. Son témoignage a pu éclairer d’autres élu·es présent·es pour cette après-midi découverte. La curiosité était au rendez-vous : Quelles sont les contraintes d’une collectivité ? Pourquoi est-il essentiel d'investir en amont ? Comment gérer les longues procédures administratives ? Tant de questions auxquelles il a pu répondre : « Une aide d’installation par la mairie est extrêmement facilitatrice », conclut-il. Cette visite, à la rencontre de professionnel·les de différents horizons, a su faire naître un intérêt commun pour cette expérience inspirante.
La visite a également été l’occasion d’aborder la question de l’eau : les couverts, en plus de la protection contre les mauvaises herbes, permettent d’en réguler la circulation. Cette méthode, combinée à un terrain adapté (des pentes aménagées avec un terrassement par exemple) permet aux cultures de bénéficier d’un ruissellement naturel.
Le sud de l’Essonne est une zone où le développement de méthodes respectueuses de l’environnement apparaît particulièrement essentiel : de nombreux captages d’eau potable font du territoire un puits pour le département. Qui dit nombreuses aires d’alimentation de captage (AAC) dit multiplication des risques d’exposition aux nitrates et pesticides dans l’eau. Selon Bénédicte REBEYROTTE, responsable développement des territoires au GAB Île-de-France « les élu·es, ou futur·es élu·es, ont le devoir de faciliter l’installation (agricole, en bio) ayant le devoir (premier) de garantir une eau saine aux habitants de leurs communes ».
Les échanges techniques lors de la visite ont montré comment des alternatives, respectueuses des cycles naturels de la terre et de l’eau, sont compatibles avec un bon rendement : le retour sur investissement est aujourd’hui constaté grâce au chiffre d’affaire de l’activité. Pourtant, les produits de la ferme « sont 20 à 30 % moins chers que ceux du marché », dit Damien. Des résultats encourageants qui poussent au développement de fermes identiques.
Le buffet de clôture a été l’occasion de déguster la production de Damien : la preuve irréfutable que les collectivités territoriales ont un véritable pouvoir pour redynamiser nos campagnes, en produisant une alimentation de qualité, saine et locale, respectueuse de la terre et de nos assiettes !
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