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Les terres disparaissent, mais où vont-elles ?

Le phénomène de recul des terres agricoles est une réalité préoccupante. Les enquêtes sur l’occupation des sols menées par le ministère de l’Agriculture révèlent une diminution forte et continue de la surface agricole utile (SAU). Que deviennent ces terres, une fois transformées ?

En France le ministère de l’Agriculture réalise chaque année une de l’utilisation du territoire. Il en ressort que 52 % du territoire métropolitain est consacré à l’agriculture en 2018 alors que la SAU représentait 63% dans les années 50. Une menace plane sur les terres arables (cultivées ou labourées, jachères comprises), les prairies pâturées ou de fourrage, les vignes, les vergers, les jardins familiaux d’agriculteurs. De 91 000 hectares par an entre 1950 et 2010, la perte de surfaces agricoles s’est ralentie à 35 000 hectares par an, mais le phénomène n’en demeure pas moins préoccupant.

Abandon et artificialisation

Pendant longtemps, l’attention s’est focalisée sur la transformation des terres agricoles en friches, en landes, en zones de boisement spontané. Selon la finesse de l’analyse des données, les chiffres varient mais l’abandon ne représenterait en réalité que 10 000 à 20 000 ha/an et se concentrerait dans les zones viticoles du Languedoc-Roussillon et dans certaines montagnes (Ardèche, Alpes de Haute-Provence, Ain, Ardennes, Haute-Saône). C’est plutôt le bétonnage des terres agricoles qui explique leur disparition. Les surfaces concernées par l’artificialisation varient entre 30 000 et 50 000 ha/an au cours des années récentes et cela prend de multiples formes : zones industrielles, commerciales, infrastructures de transport, mines et carrières à ciel ouvert, décharges... mais surtout étalement urbain lié à l’habitat, aux espaces verts d’agrément ou aux équipements sportifs et de loisirs. On observe en effet que les phénomènes d’artificialisation se concentrent autour des agglomérations et des littoraux.

Terres fertiles = réservoir de l’étalement urbain

Une donnée vient compléter ce tableau : si l’artificialisation touche aussi bien des zones naturelles que des terres, la ponction se fait en premier lieu sur les terres agricoles. 90 % des sols artificialisés proviennent de zones précisément vouées à l’agriculture et, malgré des disparités régionales, ce sont les meilleurs sols agricoles qui sont le plus touchés (1). Cela s’explique en partie par le fait que les zones d’habitat denses se sont historiquement implantées près des terres fertiles. Le résultat de cette évolution spontanée est qu’aujourd’hui, on estime à 4,7 millions d’hectares les zones agricoles menacées d’étalement urbain. Mais cela montre surtout que les terres agricoles sont aujourd’hui moins protégées que les forêts ou d’autres espaces naturels.

Pourquoi les politiques d’aménagement du territoire, qui orientent et règlementent l’usage des sols, n’enrayent-elles pas ce phénomène ? Qu’est-ce qui empêche de préserver les terres ? De nombreuses explications existent parmi lesquelles on peut citer le modèle dominant de la maison individuelle, la faiblesse des politiques de protection des surfaces agricoles, ou encore la croyance quasi exclusive dans le potentiel économique des grands projets d’infrastructures ou des zones d’activités périurbaines... Autant d’évidences à interroger et mettre en débat.

Agir sur la législation

Au-delà de l’acquisition de terres agricoles pour les soustraire au marché spéculatif, Terre de Liens est activement engagé dans un dialogue avec les élus locaux et les parlementaires en perspective d’une loi foncière annoncée en mars 2019. Avec l’Association pour l’Amélioration de la Gouvernance de la Terre et des Ressources naturelles dans le monde (AGTER), Terre de Liens plaide pour une politique agricole qui intègre le principe de « zéro artificialisation nette » (ni béton, ni bitume supplémentaire) et une régulation effective des marchés fonciers agricoles. Le livret « préserver et partager la terre » publié conjointement réunit des propositions et des mesures concrètes afin que les décideurs politiques s’en saisissent pour défendre la terre, notre bien commun.



Sources

- 1 : Commissariat général au développement durable, Antoni Véronique ,« L’artificialisation des sols s’opère aux dépens des terres agricoles », Le point sur n°75, février 2011.
- « Préserver et partager la terre » - AGETR/TDL – Mars 2019


Crédit Photo : Le Jardin des Vertueux, ferme Terre de Liens située dans une zone à forte pression foncière, Amiens (80)


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