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Ferme-usine de plus de 2000 bovins à Peyrilhac : quand une décision de justice percute l’urgence climatique

Publié le 13 juillet 2026 , mis à jour le 13 juillet 2026

Ferme-usine de Peyrilhac - Droits réservés Terre de Liens

Le tribunal administratif de Limoges a rejeté le recours de Terre de Liens contre le projet de mégaferme de 2120 bovins porté par le groupe Carnivor via sa filiale T'Rhéa, à Peyrilhac (Haute-Vienne). Alors que le Limousin connaît des épisodes de canicule et de sécheresse de plus en plus fréquents et que, selon le ministère de l’Agriculture, les récents épisodes de chaleur ont provoqué la mort de plus de 9000 tonnes d'animaux¹, cette décision de justice du 30 juin dernier, permet la poursuite d’un modèle d'élevage industriel, hors-sol et 0% paysan², incompatible avec les impératifs climatiques, la préservation des ressources et la nécessaire transition agricole. Terre de Liens dénonce un non-sens à rebours de l’urgence climatique. 

Une décision qui ignore la réalité climatique

Autrefois réputé château d’eau, le Limousin connaît cette année un nouvel épisode caniculaire et la Haute-Vienne a été placée en alerte sécheresse au niveau crise jusqu'à la fin du mois d'octobre. Dans ce contexte, la décision du tribunal administratif de Limoges est un pied de nez fait aux milliers d’habitants du territoire et aux centaines d’agriculteurs et agricultrices qui se battent actuellement pour faire tenir leur exploitation. Comment garantir, demain, l'approvisionnement en eau d’une mégaferme de 2120 bovins dans un territoire déjà confronté à des tensions croissantes sur la ressource ?³

Un modèle d'élevage insoutenable pour les ressources

Le Limousin s'est construit autour d'un modèle de fermes familiales, profondément ancré dans son territoire. Le projet de ferme-usine de Peyrilhac s'inscrit dans une toute autre logique, celle de l'agro-industrie. Dans ce projet hors-sol, l'alimentation du bétail n'est pas produite sur place, elle dépend d’approvisionnements lointains. Cette mégaferme nécessite 75 tonnes de paille chaque semaine pour la litière des animaux, achetées à l’extérieur. On estime ainsi qu’il faut plus de 3000 hectares de terres agricoles pour la faire fonctionner. In fine, sa production de viande est avant tout destinée à des marchés internationaux, bien au-delà du Limousin. On est loin d’une agriculture nourricière de proximité.

Un projet industriel à rebours de l’agriculture limousine

Cette évolution n'est pas le fruit du hasard. Elle résulte de choix législatifs et réglementaires successifs qui favorisent la concentration des productions agricoles. Le projet de loi d'urgence agricole actuellement débattu au Parlement risque d'accentuer encore cette dynamique en facilitant le développement de modèles industriels pourtant peu adaptés aux défis climatiques. 

Notre campagne brûle et nous regardons ailleurs. Ce projet est fait en dépit du bon sens paysan. On passe d’un mode d’élevage extensif qui fait la fierté des Limousins, à une agro-industrie de firme. Ce modèle industriel n'est pas adapté à l'évolution du climat dont tout le monde perçoit la réalité actuellement. Nous tirons la sonnette d’alarme et c’est pourquoi nous lançons une cagnotte. Nous appelons les citoyennes et citoyens à se mobiliser contre cette ferme-usine en nous soutenant dans nos actions juridiques.
Vincent Laroche

Porte-parole de Terre de Liens Limousin

L’élevage industriel est un modèle à bout de souffle. Il nourrit aussi mal la population qu’il paye peu les agriculteurs et les salariés agricoles. Pire, en contexte de canicule, il a tué de chaud il y a deux semaines des centaines de milliers d’animaux d’élevage. Ils n’iront nourrir personne, mais ont saturé les services d'équarrissage. Pourtant, l'État s’obstine à soutenir le développement de cette agriculture industrielle, comme à Peyrilhac. Et les parlementaires veulent encore le développer. Jusqu’à quand allons-nous continuer cette folie ?
Tanguy Martin

Chargé de plaidoyer à Terre de Liens

Notes:

¹ Réussir (25/06/2026) : Équarrissage I Canicule : « on constate des mortalités de +1000 % sur la volaille, +200 % en porc, +45 % en bovins » en Normandie et Pays-de-la-Loire. A lire ici

BFM TV (7/07/2026) : “9127 tonnes d'animaux morts" selon la ministre de l’agriculture. A lire ici

² “élevage hors-sol” : type d'élevage intensif où les aliments viennent en majeure partie de l'extérieur de l'exploitation

³ France 3 Limousin (29/06/2026) : "Il y a des risques de manque d'eau, on a déjà aujourd'hui du citernage en Haute-Vienne". A lire ici.

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