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Les haies, ces alliées silencieuses de l'agriculture

Publié le 6 mars 2026 , mis à jour le 27 avril 2026

© Sandrine Mulas

70% des haies ont disparu depuis 1950.

Loin d'être de simples outils de déco paysagère, elles sont bien plus utiles qu'on ne le pense. Et Terre de Liens, à travers son programme Biodiversité, a bien l'intention de les accueillir à nouveau sur les fermes. C'était le cas cet hiver, avec des chantiers participatifs et des plantations un peu partout ! On vous emmène sur l'une d'entre elle, à la ferme de la Pinçonnière en Normandie.

Replanter des haies, pourquoi c’est important ?

70% des haies ont disparu depuis 1950 donc. Mais pourquoi ? Du fait des politiques de l’époque comme le remembrement des parcelles agricoles et le développement de la mécanisation, dont l'objectif était d'agrandir et recalibrer les parcelles pour pouvoir faire passer les tracteurs. Les infrastructures agroécologiques comme les haies et les mares deviennent des obstacles, alors on coupe et on bouche !

Aujourd’hui, des milliers de kilomètres continuent à disparaître du fait du vieillissement, du mauvais entretien, et de l’arrachage qui continue malgré les politiques protectrices mises en place depuis.

Pourtant, les haies fournissent de nombreux services : brise-vent, rétention et filtration de l’eau, lutte contre l’érosion, refuge pour la faune, et notamment pour la faune auxiliaire qui va aider les agriculteur.ices dans leurs activités (pollinisation, régulation des ravageurs de cultures…).

Les haies façonnent nos paysages et connectent les différents milieux entre eux, permettant la circulation des animaux, tout en embellissant nos lieux de vie.

Alors plantons des haies dans les fermes!

Et sur les fermes Terre de Liens, comment ça se passe ?

Lancé en 2022, le programme Biodiversité permet d’accompagner des projets d’actions et d’aménagements favorables à la biodiversité sur les fermes Terre de Liens. Depuis son lancement, 50km de haies ont été plantées ou restaurées, 50 mares créées ou réhabilitées, des centaines de nichoirs et perchoirs installés, et autres aménagements, souvent réalisés en chantiers participatifs.

Exemple à la ferme de la Pinçonnière, en Normandie, où Lucile et Eric, les éleveurs, onze bénévoles de la Manche et la structure qui accompagne le projet, Ferme d'Avenir, s’étaient donnés rendez-vous un vendredi de décembre à 8h30 munis de brouettes, seaux et bêches, prêts à se lancer dans une plantation de 250 mètres linéaires de haies.

Plantation de haies à la ferme de la Pinçonnière, Eric et Lucile © Sandrine Mulas

Comment ça se passe, un chantier de plantations ?

Première étape, préparer le sol, ce qui a été fait préalablement par Lucile et Eric. Un guide couleur a aussi été prévu, pour guider les bénévoles sur la répartition des espèces à planter. Il faut maintenant faire les trous (espacés en général d’un mètre) qui accueilleront les jeunes arbres, planter et installer les protections.

Ces protections, des piquets et une sorte de grille, installées autour du plant permettent d’éviter les dégâts que pourrait occasionner la faune sauvage ; les lapins ou les chevreuils par exemple raffolent des jeunes feuilles toutes tendres, mais les plants n’y survivraient pas. Les protections sont retirées une fois les arbres assez matures.

Plantation de haies à la ferme de la Pinçonnière, les protections © Sandrine Mulas

Autre étape importante : “pailler” la haie. Le paillage permet d’apporter des nutriments à la future haie, d’éviter la repousse de l’herbe et de conserver l’humidité du sol en évitant l’évaporation. Cela peut se faire avec de la paille, du broyat de bois ou de la laine par exemple, selon les ressources disponibles sur la ferme (ici, c’est laine des moutons de la ferme et vieux foin fourni par le voisin). Le paillage sera refait tous les ans pendant les deux à trois premières années de la haie pour qu’elle se développe bien.

Plantation de haies à la ferme de la Pinçonnière, l'étape du paillage © Sandrine Mulas

A terme, ces haies serviront de refuges pour la biodiversité, créeront de l’ombre pour le bien-être des moutons et limiteront les effets du vent.

Justement, quelles petites bêtes pouvons-nous trouver dans ces véritables refuges ?

Quelques espèces qui aiment les haies (les haies peuvent leur servir de gîte / lieu de nidification, de lieu de passage ou de repos, de promontoire ou stockage pour la chasse) :

  • Oiseaux : pic épeiche, pic vert, pie grièche écorcheur, buse, épervier, faucon crécerelle, chouette chevêche, chouette hulotte, mésange charbonnière, mésange bleue, rouge-gorge, pinson des arbres, bruant jaune, merle, grive musicienne, huppe fasciée…
  • Insectes en tout genre
  • Micromammifères : muscardin, musaraigne, rat des moissons…
  • Renards, fouines…

Suivant les espèces, elles vont préférer la strate herbacée, la strate arbustive ou la strate arborée. Chacun ses goûts !

Et on adresse nos félicitations aux fermes Trévéro et Belêtre, deux fermes Terre de Liens, récemment récompensées au concours des pratiques Agro-écologiques / Agroforesterie dont Réseau Haies France est co-organisateur, dans la catégorie "Implantation" au Concours Général Agricole !

Je veux participer à replanter des haies !

Si vous souhaitez vous aussi devenir bénévole et participer à des actions sur nos fermes, c'est possible !

Plantation de haies à la ferme de la Pinçonnière, la super équipe de bénévoles © Sandrine Mulas

Et pour en savoir plus sur la ferme d'Eric et Lucile, découvrez-les en vidéo !

encart vidéo

Vies de fermes - Les moutons du terroir normand

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