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Agriculture et alimentation : une faim de démocratie locale

Publié le 17 février 2026 , mis à jour le 17 février 2026

Notre nouveau et cinquième rapport sur l'état des terres agricoles

Que voulons-nous dans nos assiettes ?

Des produits sains, accessibles, issus de fermes vivantes, qui respectent la terre, l’eau et celles et ceux qui la travaillent.

Pourtant, aujourd’hui, une grande partie de ce que nous mangeons ne se décide ni dans nos communes, ni dans nos territoires. Notre alimentation dépend d’un modèle agricole industriel tourné vers l’exportation, gourmand en pesticides, destructeur d’emplois paysans et incapable de nourrir correctement la population.

À quelques semaines des élections municipales, une question centrale se pose : qui décide de ce que nous mangeons ? Et surtout : qui devrait en décider ?

Notre agriculture nous échappe, les municipales peuvent tout changer

Les communes disposent de leviers puissants pour agir : foncier agricole, eau potable, cantines, urbanisme, action sociale, développement économique. Là où l’État verrouille, les territoires sont la clé.

Le 5ème rapport de Terre de Liens sur l’état des terres agricoles propose de comprendre pourquoi notre système alimentaire dysfonctionne, ce que cela implique pour nos vies quotidiennes, et surtout comment agir, ici et maintenant, pour une agriculture de proximité, nourricière et démocratique. Avec Terre de Liens, faisons de l’alimentation un véritable projet de territoire!

🚨 Terre de Liens publie son 5e rapport sur l'état des terres agricoles 🚨

Agriculture et alimentation : une faim de démocratie locale

Dans un contexte agricole explosif, Terre de Liens entend outiller citoyens et élus avec ce nouveau rapport d'expertise à quelques semaines des municipales.

🥬 Notre agriculture est dans les choux

NOS TERRITOIRES PRODUISENT BEAUCOUP… MAIS NOURRISSENT PEU

Depuis les années 1960, la politique agricole française suit une seule logique: produire toujours plus au moindre coût. De décennie en décennie, la France a augmenté sa productivité jusqu’à devenir la première puissance agricole européenne. Cette course à la quantité a fait de l’économie la seule boussole de la «ferme France», reléguant au second plan la qualité de l’alimentation, la protection de l’environnement et les conditions de vie des agriculteur·trices. Résultat : une agriculture très productive, mais incapable de nourrir durablement les territoires.

Aujourd’hui, une part considérable de notre production est destinée à l’export, tandis qu’un·e Français·e sur dix est en situation d’insécurité alimentaire4. Le problème n’est pas le volume produit, mais ce que l’on produit, comment, et pour qui.

Nos terres ne nourrissent ni celles et ceux qui les travaillent, ni celles et ceux qui vivent autour.

👀 Les preuves qu'on se plante

DES FERMES TOUJOURS PLUS GRANDES, TOUJOURS MOINS NOMBREUSES

L’agriculture française se transforme à grande vitesse: les fermes disparaissent, tandis que celles qui restent s’agrandissent. À peine plus d’une personne sur deux souhaitant s’installer en agriculture parvient à accéder à des terres chaque année. Le prix du foncier est devenu si élevé que les acteurs les plus puissants — grandes exploitations et groupes agro-industriels — sont les seuls à pouvoir acheter.

Conséquence directe: les petites fermes deviennent une espèce en voie d’extinction, alors qu’elles sont pourtant essentielles à l’emploi agricole, à la diversité des productions et à la vitalité des territoires.

LE PIÈGE DU “LOCAL INDUSTRIEL”

Face à la demande croissante de produits locaux, les industriels agroalimentaires ont su s’adapter… sans changer de modèle.

Ils utilisent l’image d’une ferme artisanale et ancrée dans son territoire pour écouler des productions toujours aussi intensives. On retrouve ainsi dans des cantines scolaires ou des circuits courts de la volaille “locale”, mais élevée sans remise en cause du mode de production : bêtes entassées, engraissement accéléré, usage massif d’antibiotiques, pollution des terres, agriculteurs et agricultrices toujours aussi mal rémunéré·e·s.

Le local, sans changement structurel, peut devenir un simple argument marketing.

200

fermes disparaissent chaque semaine en France

70

% des fermes françaises produisent pour l'agro-industrie, pas pour nourrir localement

130

%, c'est la capacité de la France à nourrir sa population mais...

43

% de nos terres sont consacrées à l'export

☠️ Produire plus, nourrir moins : comment l'agriculture industrielle vide nos territoires

DES AIDES QUI FAVORISENT LES PLUS GROS

Alors qu’un·e agriculteur·trice sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, les exploitations les plus grandes s’en sortent beaucoup mieux. Pourquoi? Parce que les aides européennes (PAC), distribuées à l’hectare, bénéficient mécaniquement aux structures les plus vastes. Censées soutenir le revenu des petits agriculteur·ices, ces aides favorisent de fait les pratiques les plus industrielles.

Annie Genevard lors du vote de la loi Duplomb à l'Assemblée Nationale © Xose Bouzas/Hans Lucas

DES TERRITOIRES À USAGE UNIQUE

La « ferme France » est aujourd’hui une mosaïque de territoires ultraspécialisés: ici des céréales, là du lait, ailleurs des betteraves à sucre. Cette spécialisation extrême défigure les paysages, fragilise les écosystèmes et rend impossible une alimentation locale, tant les productions sont peu diversifiées.

UNE POLLUTION QUI S’AGGRAVE

Plus une activité agricole est concentrée, plus la pression sur l’environnement est forte : pesticides, engrais chimiques, artificialisation des sols. Résultat : effondrement des insectes et des oiseaux, eaux polluées, terres appauvries… et paradoxalement, des rendements en baisse pour l’agriculture industrielle elle-même.

Face à tout cela, la faim de démocratie se fait ressentir, et nous pouvons agir. Terre de Liens le documente dans ce dernier rapport.

✊🏻 La seule campagne qui compte, c'est celle qui nous nourrit : comment reprendre le pouvoir ?

L'alimentation : un enjeu démocratique, pas individuel

On nous répète souvent que nous devrions «mieux consommer», acheter local, bio, responsable. Mais sans nous en donner les moyens. L’alimentation n’est pas une somme de choix individuels: c’est un enjeu public et collectif.

Aujourd’hui, sur 100 € de dépenses alimentaires, les agriculteur·trices ne perçoivent en moyenne que 6,80 €. Le reste est capté par la transformation industrielle, et la grande distribution.

Changer le système alimentaire suppose donc d’agir sur la production, la transformation, la distribution — pas seulement sur le ticket de caisse. Cela ne signifie pas que nous sommes impuissant·es.

Les communes peuvent changer la donne

Les communes disposent de leviers concrets pour transformer l’agriculture et l’alimentation sur leur territoire :

  • réserver des terres à l’agriculture biologique;
  • faciliter l’installation de paysan·nes;
  • soutenir le maraîchage local;
  • approvisionner les cantines en produits de qualité;
  • accompagner la diversification agricole;
  • soutenir les commerces de proximité.

En organisant des filières alimentaires à l’échelle locale, la richesse créée reste sur le territoire et est mieux répartie tout au long de la chaîne. Résultat ? Des territoires plus nourriciers, plus solidaires, plus vivants.

Il n’existe donc pas de loi ou solution unique pour rendre aux territoires leur résilience alimentaire. Il existe en revanche une opportunité majeure, les 15 et 22 mars 2026, de voir élire des listes à même de rendre à nos terres et à notre alimentation l’agriculture qu’elles méritent ! Comment y participer à votre échelle ? ⤵️

Me mobiliser sur mon territoire

Terre de Liens a préparé un kit de mobilisation pour peser dans la bataille des municipales. À vous de vous en emparer, partout en France ! Les 15 et 22 mars, faisons de l’agriculture et de l’alimentation un choix démocratique.

🍗 Le « local industriel » : le cas du poulet de batterie dans les cantines du coin, ou l'opportunisme industriel

Le circuit court a la cote et lʼagro-industrie compte bien en tirer profit : elle exploite sans vergogne lʼimage dʼune ferme ancrée dans son territoire et dʼune agriculture artisanale, liée à la gastronomie française du terroir, pour développer un nouveau débouché pour ses produits de faible qualité. A lʼimage de la politique alimentaire Breizh Alimʼ. Sous couvert de favoriser les produits locaux sous l'appellation “produit de Bretagne”, la chambre dʼagriculture régionale de Bretagne, avec le soutien politique et financier du conseil régional de Bretagne et des services déconcentrés de lʼÉtat, a largement facilité l'approvisionnement des cantines de lycées bretons en viande de porc, lait et œufs, certes "produits en Bretagne", mais pas moins industriels, écartant, de fait, les produits bio.

On sʼest retrouvé écarté du projet dʼapprovisionnement des lycées avec le conseil régional, mais aussi sur plein dʼautres collectivités quʼon accompagnait depuis longtemps. (...) On se retrouve en concurrence avec le local qui ne remet pas du tout en question les systèmes agricoles bretons
un agriculteur biologique en Bretagne témoigne

Ce projet illustre la stratégie des acteurs dominants du système agro-alimentaire pour transformer les critiques en opportunité économique, sans daigner répondre aux difficultés des agriculteurs. Dans le système agricole actuel, majoritairement conventionnel, on estime ainsi que les agriculteur·trices perçoivent seulement 6,80€ sur 100€ de dépenses alimentaires des ménages.

Le “local” sans changement des pratiques est un local hard discount. Il donne bonne conscience aux industriels, sans améliorer ni la santé, ni lʼenvironnement, ni le revenu agricole
Coline Sovran

Chargée de plaidoyer chez Terre de Liens

Avec Terre de Liens, des solutions existent

Une autre agriculture est possible

Changer de modèle peut sembler impossible. Pourtant, Terre de Liens le fait depuis 20 ans. Terre de Liens préserve les terres agricoles en achetant des fermes avant qu’elles ne soient accaparées par l’industrie. Notre mouvement citoyen permet ainsi d’installer des fermiers et fermières engagé·es pour une agriculture biologique et paysanne, partout en France.

Des preuves, pas des promesses

  • Plus de 440 fermes acquises et soutenues ;
  • Plus de 900 paysan·nes installé·es  ;
  • Plus de 13 000 hectares de terres agricoles préservées.

Nos fermes sont des solutions : pour l’alimentation, pour l’environnement, pour l’emploi, pour la démocratie locale. Pour continuer, nous avons besoin de vous !

Pour prouver qu'un autre modèle agricole est possible

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