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Publié le 25 février 2026 , mis à jour le 26 février 2026
Des fermes plus grandes et plus compétitives quitte à faire disparaître les fermes "familiales". La ministre de l'Agriculture s'est exprimée au salon de l'Agriculture.
© Quentin de Groeve/Hans LucasÀ lʼoccasion du point dʼétape présenté ce 24 février au Salon international de lʼagriculture, la Ministre a esquissé les orientations issues des conférences de la souveraineté alimentaire. Pour Terre de Liens, ces annonces confirment une trajectoire préoccupante : celle dʼune politique agricole centrée sur la compétitivité et lʼagrandissement des fermes, au risque dʼaccélérer la disparition des agriculteurs et dʼaffaiblir la souveraineté alimentaire.
En s'appuyant sur le récent rapport du Conseil Général de l'Alimentation, de l'Agriculture et des Espaces Ruraux (CGAAER) établissant que dans certaines filières les fermes françaises nʼétaient pas compétitives à lʼinternational et devait irrémédiablement grossir, la Ministre a acté la “marche de lʼhistoire” de la disparition des fermes et des agriculteurs, quitte à sévèrement lʼencourager par une politique favorisant la concentration des fermes.
Elle a ainsi affirmé lors de l'inauguration du salon que « Les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, ne peuvent pas toujours tenir la cadence face à des exploitations roumaines, polonaises ou même allemandes, bien plus vastes » et que la remise en
cause de notre modèle agricole était une nécessité afin dʼatteindre la « taille critique » synonyme dʼexploitations « rentables et transmissibles ».
Depuis des dizaines d'années, la concentration est déjà à lʼœuvre : -100 000 fermes et -80 000 ETP en 10 ans - et cela sʼaccélère ces dernières années - sans gain décisif de compétitivité.
Terre de Liens qui accompagne depuis plus de 20 ans des centaines d'installations, constate au contraire que plus les fermes grossissent, moins elles sont transmissibles. Aujourdʼhui, une carrière agricole ne suffit plus à rembourser le coût dʼinstallation de plusieurs centaines de milliers dʼeuros voire de plusieurs millions dʼeuros.
Dans son récent rapport “Une faim de démocratie locale” lʼassociation pointe quʼaujourdʼhui en France, 70% des fermes sont déjà considérées comme intensives et commercialisent exclusivement en filière longue, majoritairement pour le commerce international, mettant à mal la souveraineté alimentaire de nos territoires.
"Une agriculture de plus en plus capitalistique prépare des fermes sans paysans. La souveraineté alimentaire suppose au contraire plus dʼactifs agricoles et des fermes à taille humaine", souligne Coline Sovran, coordinatrice du rapport.
Annie Genevard a conclu « cʼest à lʼéchelle des territoires que la stratégie agricole de la France devra se réaliser”. Terre de Liens partage ce constat mais pointe les incohérences du gouvernement en la matière. À commencer par lʼabsence des acteurs de la société civile aux « conférences de la souveraineté alimentaire » et par la baisse drastique du soutien de lʼÉtat aux projets alimentaires territoriaux existant, laissant les futurs élus municipaux en rase campagne pour impulser des projets au service dʼune alimentation locale de qualité.
Pour en savoir plus sur notre nouveau rapport "Agriculture et alimentation : une faim de démocratie locale", rendez-vous au Salon de l'agriculture ce 25 février, à 16h, salle plénière, pavillon 4.
Contact presse : Damien Cahen, 06 26 28 27 31, presse@terredeliens.org
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