Assemblage inédit d’acteurs et actrices de la société civile, du monde agricole et de la finance solidaire, le mouvement Terre de Liens tire son originalité de l'articulation entre un réseau associatif actif dans toute la France, une entreprise d’investissement solidaire et une fondation reconnue d’utilité publique.
Partout en France métropolitaine, Terre de Liens agit pour préserver les terres agricoles. Découvrez notre réseau de fermes.
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Communiqués de presse
Publié le 15 mai 2026 , mis à jour le 15 mai 2026
Le projet de loi d'urgence agricole, examiné à l'Assemblée nationale à partir du 19 mai, fait de la balance commerciale le principal indicateur du dynamisme agricole français, biaisant la compréhension des enjeux alimentaires. Il ignore des leviers décisifs : l’accès à la terre et le renouvellement des générations agricoles. Sans action sur ces enjeux, la disparition des fermes et la dégradation des ressources naturelles se poursuivront, compromettant les bases même de la vitalité du secteur que la loi prétend défendre. Terre de Liens appelle les parlementaires à agir pour sortir l’agriculture française de la spirale des crises.
La balance commerciale ne reflète pas la santé réelle de l’agriculture française. Elle donne une image partielle d’un système de plus en plus dépendant des marchés internationaux. En 2025, l'excédent agroalimentaire français atteint son plus bas niveau depuis la fin des années soixante-dix. Ce n’est pas parce que la France produit moins, c’est parce qu'elle importe toujours davantage : la règle est devenue mécanique, plus on exporte, plus on importe. Cette logique enferme l’agriculture française dans une dépendance aux prix des marchés mondiaux, de plus en plus instables. Surtout, la balance commerciale ne dit rien des conditions de vie des agriculteurs. Elle masque une réalité : l’effondrement des revenus agricoles.
L’enjeu n’est pas seulement d’exporter, mais de nourrir durablement la population, tout en faisant vivre les agriculteurs. Or, la France perd ses fermes à un rythme accéléré. En trois ans, ce sont près de 40 000 exploitations qui ont disparu. Cette dynamique s’accompagne d’une concentration inédite des terres : aujourd'hui, 10 % des exploitations contrôlent un tiers des surfaces en absorbant les plus petites. Résultat, les petites fermes disparaissent et les territoires s'hyperspécialisent.
Dans le même temps, les politiques publiques continuent de privilégier la compétitivité à l'export, au détriment de la diversité des productions sur nos territoires. La Loi d’Orientation Agricole (LOA) avait déjà largement manqué cet enjeu. Ce nouveau texte confirme l’absence de réponse à un problème pourtant central pour le renouvellement des générations. Une agriculture capable de nourrir la population repose sur des fermes nombreuses, des systèmes diversifiés, des ressources naturelles préservées.
La bonne gestion des terres est la véritable urgence. Il faut installer des paysans et garantir une agriculture diversifiée qui n’hypothèque pas son propre avenir.
Responsable du plaidoyer chez Terre de Liens
Cette loi d'urgence qui ne traite pas les causes structurelles de la crise agricole est une occasion manquée de plus. Sans action sur l’accès à la terre, le renouvellement des générations et la préservation des ressources naturelles, aucune politique ne permettra de garantir la souveraineté alimentaire tant recherchée par le gouvernement. Les débats en commission ont déjà mis en lumière les risques de contournement du marché foncier via certains montages juridiques, confirmant la nécessité d’aller plus loin en matière de transparence et de régulation. Terre de Liens appelle les parlementaires à agir sur quatre leviers :
À propos de Terre de Liens
Terre de Liens est un mouvement citoyen visant à préserver les terres agricoles et à permettre l’installation de paysans et paysannes en agriculture écologique. Il associe un réseau associatif présent dans toutes les régions métropolitaines, une foncière, entreprise de l’économie sociale et solidaire, et une fondation, reconnue d’utilité publique. A travers ses collaborations avec de multiples acteurs, Terre de Liens met en œuvre un dialogue territorial et anime le débat public sur la question des terres agricoles.
Depuis 2003, Terre de Liens a acquis plus de 420 fermes et permis de préserver plus de 13 000 ha de terres agricoles dans toute la France métropolitaine.
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